- présentation - Congrès de Kinésithérapie. JFK 2009. http://www.slideshare.net/Pierretru/atelier-jfk2009-laurent
Nous avons créé un espace particulièrement adapté à l'expression motrice de chaque personne avec lésions médullaires ou cérébrales: hémiplégies, IMC, Traumatismes crâniens, ataxies, parkinson, scléroses en plaques, affections spino-cérébelleuses. Nous mesurons l'ensemble de leurs capacités motrices puis nous en faisons la synthèse en quatre scores: segmentaire, postural, marche et Barthel afin d'affiner le diagnostic pour améliorer leurs capacités au plus près du possible.
"Servomotricité": l'aide à la motricité.
en rail, deux élastiques, trois sangles de 1.8 m et deux sangles de 2.5m vont servir à créer l'espace spécifique aux possibilités de chacun. Banc, table, plan incliné, à
17 ateliers posturaux: Podium, Assis au sol, Couché, Récamier, Petite Sirène, 4 Pattes, Appui Plantigrade, Suspensions, à Genou à l'Espalier, Bipodal à l'Espalier, Unipodal Espalier, à Genou, Chevalier Servant, Accroupi, Debout Ecart, Polygone de Marche, Unipodal, Chacun des 19 ateliers comporte de 20 à 30 items. Histogrammes jaunes bleus et verts: moyenne récapitulative SEGmentaire, POSturale et MARche
Plus un patient a de capacités posturales moins il a d'incapacités. (Vérité de La Pallice). Le répertoire des 505 positions est issu du développement psychomoteur de l'enfant et des méthodes qui s'y réfèrent. Nous n'utilisons plus ces méthodes comme modèle d'acquisition motrice ordonné car les patients sont hétérogènes dans leur progression. Nous les utilisons comme un fantastique répertoire de capacités motrices que nous avons classées par atelier de positions. C'est comme la bobine d'un film qui comporterait 505 images (kinème). Plus le patient récupère d'images, meilleure sera sa coordination.
Chaque item réussi est gratifié d'un point afin de mesurer notre rééducation. (Relaté,Observé, Mesuré, Planifié ROM P- Le diagnostic kinésithérapique -E. Viel- éd.Masson- ). Le score de positions acquises est très précis: il porte sur 505 positions. Il faut donc gagner 5 positions pour faire varier le score de 1%.
III. Mesure et Entraînement à la Marche Fonctionnelle et Performante.
Nous séparons les exercices de marches appliquées (sur 2 ou 10 mètres) de l'entraînement à la marche sur le périmètre. Pendant l'entraînement sur périmètre nous n'essayons pas de corriger le dessin de sa marche. Corriger les signes neuro par la conscience est impossible. Nous les entraînons à marcher plus vite et plus loin.
IV. Mesure et Assouplissement Articulaire.
Nous mesurons leur morphologie à des repères anatomiques et nous mesurons leurs différentes amplitudes en mesurant la corde de l'arc articulaire en cm , mesure beaucoup plus précise que le "goniomètre". La séance se termine par un étirement complet des quatre membres et du tronc.
On peut nous objecter que ce bilan est trop long:
Ce n'est pas qu'un bilan, c'est un programme de rééducation mesuré. Il faut 3 heures pour le réaliser mais on peut l'étaler sur plusieurs séances. On ne fait perdre de temps ni au patient, ni au kinésithérapeute puisqu'on est d'emblée dans la rééducation et c'est la rééducation qui est mesurée. Il faut que les kinésithérapeutes tirent les conclusions de la neuroplasticité. C'est par la répétition des plus hautes capacités motrices que l'on en invente de nouvelles. Il faut donc répertorier ces capacités, c'est long. Comment faire un bilan des 4 membres du tronc, de l'équilibre et de la marche en moins de temps?
Il faut du temps pour appréhender les capacités réelles d'un patient de neuro centrale, à cause des troubles cognitifs associés, à cause de la dépression consécutive à l'atteinte, à cause des explications que l'on doit fournir aux questions du patient qui veut comprendre "sa" motricité. Si l'on réalise une échelle rapide, le patient n'est pas en confiance et le bilan pour être rapide risque de ne point correspondre aux possibilités réelles du patient. Le fait de mesurer très précisément toutes les capacités du patient, renforce l'effet de la rééducation. Le patient est surpris: "on ne m'avait jamais évalué comme ça!" Lui même découvre des choses dont il ne se croyait pas capable. "La connaissance des résultats (CR) est un facteur motivant pour les patients. La répétition avec la CR permet d'augmenter les performances".- Sultana- Kiné Scientifique fév. 2005 p. 26-
De ce recueil de données, nous déduisons, l'EPA, l'EPD, le Tinetti que nous pouvons comparer à notre projet.
Le bilan exhaustif, est l'outil du kinésithérapeute praticien,
L'échelle est l'outil du cadre kiné et du médecin qui ont besoin de tests de passation rapide pour établir le niveau d’un patient.
La problématique du praticien est inverse. Il ne cherche pas à réduire l'activité motrice du patient à quelques tests, il recherche au contraire les épreuves intermédiaires pour essayer de gagner le palier suivant. Le bilan exhaustif, n'est pas "fastidieux" (Bleton -Kiné Scientifique Sept 08-). Il est passionnant et permet la connaissance complète de la motricité du patient. Seul le bilan exhaustif permet un programme individualisé, des séances variées et dynamiques à court moyen et long terme.
La difficulté est de faire ensuite la synthèse de tous ces détails. C'est ce que nous avons essayé de faire dans les histogrammes présentés ci-dessus. Chaque score apparaît par capacités segmentaires, par position et nous renvoie à sa fiche papier pour travailler l'améliorable. La synthèse tirée du bilan exhaustif sera forcément plus précise que la synthèse tirée de quelques épreuves.


postural très faible.
Certains ne peuvent s'appuyer sur la paume par défaut d'extension des fléchisseurs et s'appuient ainsi sur le sol pour se relever.
D'autres relèvent ansi de quelques centimètres leur épaule et renvoient ainsi d'avantage de poids sur les pieds.
5. force : appui sur paume de main objectif = 2/3 du poids :
Raison du choix :
- Force nécessaire à l’enfant qui marche en «Mowgli »
- Force nécessaire à la personne qui s’appuie par terre pour se redresser
- Force nécessaire aussi pour les protections à la chute sur main ou sur coude (ci-dessous)
8. force : suspension.
Raison du choix : Force pour porter un sac, une valise ou se retenir dans les transports en commun. La suspension manuelle a été longtemps suspectée d’augmenter la spasticité. En fait c’est la nouveauté des efforts, la douleur de la rétraction, l’absence de coussinets de mains qui augmentent la spasticité. La force nécessaire pour se suspendre à l’espalier est ½ du poids de la personne par main. On demande à la personne de tirer sur le dynamomètre en pliant les genoux et en laissant le coude tendu. Par un entraînement progressif on voit cette force évoluer au dynamomètre jusqu’à 2/3 du poids. Les plus jeunes arrivent à se suspendre de tout leur poids à une seule main.
NOTE : coté hémiplégique, au dynamomètre on fait facilement la différence entre force de préhension contrôlée et spasticité.
La spasticité cède à 10-12 kg et diminue à chaque tentative alors que la force de préhension progresse au cours de la rééducation
MESURE QUANTITATIVE DE LA DOULEUR
Utiliser une balance pour les forces d’appui et le dynamomètre pour les forces de traction constitue un excellent marquage du seuil douloureux. Il faut alors veiller à entraîner les patients en deçà de ce seuil douloureux pour favoriser le renforcement progressif des éléments protecteurs cutanés pour les appuis, des éléments conjonctifs pour les tractions et des synergies musculaires protectrices de l’articulation pour appuis et tractions.
9. Vitesse ou Adiadococinesie Du Membre Supérieur
Difficultés pour faire des mouvements vifs alternés de sens opposés.
Raisons du choix : l’adiadococinésie affecte tous les syndromes neurologiques centraux : pyramidaux, extra- pyramidaux, cérébelleux, athétosique. Dans les cas d’hémiparésies, l’adiadococinésie est particulièrement intéressante pour surveiller l’évolution de la spasticité à l’effort.
Elle se teste habituellement en pro-supination, mais il y a alors :
- une marge d’erreur importante pour la compter (environ 36 cycles en 10’’)
- de grandes difficultés à borner le mouvement afin qu’il ne soit pas tronqué.
C’est pourquoi nous préférons utiliser :
22 frappes épaule opposée-cuisse homolatérale en 10’’ (au timer sonore afin de garder les yeux sur le patient).
Le bornage est net, (on peut l’adapter si nécessaire en le notant : exemple une frappe au pectoral). Les p
ersonnes en équilibre précaire ont une différence de 3 mouvements entre la position assise et debout.
- moins électives que la pro-supination, les frappes épaules cuisse requièrent une synergie bras, avant bras main intéressant l’ensemble des muscles directeurs et fixateurs. C’est un bon marqueur pour juger de la vivacité du mouvement. Ceux qui réussissent partiellement sont ceux qui vont lentement ou qui ne peuvent appliquer la consigne pendant 10 secondes et frappent deux fois de suite sur l’épaule ou la cuisse et perdent du temps.
10. adresse en prise grasp: remonter 10 fois le pilons en une seule prise
Le pilon est perpendiculaire au11. adresse en "power grip": lancer un bâton de 30 cm: 10 demi jongles
Lancer un bâton de 30 cm et le rattraper par l’autre extrémité 10 fois sans échec. C’est le type même d’exercice qui sépare le maladroit du pathologique. Car le maladroit résout le problème après quelques essais alors que le pathologique échoue.
Raisons du choix : difficulté supplémentaire par rapport à l’épreuve précédente : le bâton est dans le prolongement de l’avant-bras.
- les patients pyramidaux ont beaucoup de mal à lâcher le bâton au on moment à cause de la montée de la spasticité.
- les patients extrapyramidaux ont des difficultés à relâcher la racine pour donner l’amplitude nécessaire au lancer.
- les patients cérébelleux doivent retenir l’amplitude du geste et ont un retard au rattraper.
12. adresse de la pince tri-digitale: enlever placer 9 crayons
« nine hole pegs » épreuve validée et utilisée par les neurologues.
On a remplacé les chevilles par des crayons plus faciles à trouver. Plantés dans une planche percée de trous plus larges que les crayons afin de les faire rentrer sans avoir besoin d’appuyer. Epreuve étalonnée par les neurologues à 18’’.
Raisons du choix: beaucoup plus rapide et précis que L'action research Arm Test (ARA) et Motor Activity Log (MAL) qui ont un système de cotation qualitatif - KS 450 - décembre 2004
- les patients pyramidaux ont beaucoup de mal à replacer les crayons dans les trous.
- les patients extrapyramidaux ont un ralentissement de l'épreuve.
- les patients cérébelleux doivent retenir l’amplitude du geste et ont un retard au rattraper.
- exercice simple et répétitif parfait pour les patients apraxiques
(publié par kiné scientifique janvier 2007)
Flexion du tronc / 8 capacités
1. Assis à califourchon ramener le tronc de 45° à la verticale;
2. Couché sur le dos, mains à l’espalier, décoller les membres inférieurs
3. Couché sur le dos, pieds bloqués : s’asseoir
Extension du Tronc : 7 capacités
à plat ventre (pro cubitus)
1. tourner la tête à droite
2. tourner la tête à gauche
3. décoller les deux épaules
4. bras en rotation interne décoller la poitrine, jusqu’à la base du sternum.
5. Décoller la poitrine bras en croix
6. Décoller la poitrine bras devant
7. Tenir 30’’
INCLINAISON LATERALE ET ROTATIONS du TRONC (carrés, obliques …) 10 capacités
Couché sur le côté droit
1. en appui sur coude décoller le bassin de 2cm
2. de 15cm
3 et 4. idem sur le côté Gauche
5. pieds et cuisse bloqués : décoller le tronc de 2cm,
6. 10 fois de 15cm
7 et 8. idem sur le côté gauche
10.Basculer les cuisses à gauche


adiadococinésie vitesse de contraction alternative
COUCHE sur DOS: En 10'', toucher douze fois le sol après être allé toucher la main du kiné à la verticale de la hanche.

- retournement 1/4 à droite sans prise - retour sur le dos.
- retournement 1/4 à gauche sans prise - retour
- retournement 1/2 (dos-ventre) à droite sans prise - retour sur le dos par la droite
-retournement 1/2 à gauche sans prise - retour sur le dos par la gauche
- à gauche idem, quel que soit le moteur, pied ou épaules.
- 50 cm sur le dos vers le bas (par traction du pied et reptation. mouvement très difficile à effectuer)




- tient Assis sans appui dorsal moins de 30'' (quel que soit le procédé)
- yeux fermés - tête en extension-
(ci-dessus la jeune fille ne tient pas assis et ne marque donc pas de point. En revanche, aidée par des sangles élastiques, elle peut continuer à s'entraîner assise.)
DÉPLACEMENTS: 6 capacités
- 1/2 tour à droite (en s'aidant des pieds et des mains)
- 1/2 tour à gauche
POLYGONE MODIFIÉ: 3 capacités de chaque côté
- se coucher sur le côté droit - remonter en récamier
- passer de Récamier Droit à plat ventre sur coude et retour
t - 10 ruades pieds gauche -


ci-contre aidé avec des orthèses pour sentir le verrouillage des genoux





le patient a décollé le dos, il se tient sur le pied droit et à l'aide de ses deux membres supérieurs. (Le bras droit paralysé est posé sur une étagère.)
- déverrouillage du genou (10 pistons)
- monter 10 fois sur une chaise entre 35 et 45 cm.(en se tenant à 2 mains, même si elle est paralysée, elle est fixée sur le barreau.
- monter un peu sur la pointe du pied
- monter 10 fois sur la pointe du pied sans signe neurologique et amplitude normale: 8 cm.
-décoller la pointe du pied
- décoller 10 fois la pointe du pied sans signe neurologique et amplitude normale: 3 cm sous le 5 ème métatarse.
- sauter moins de 10 fois à cloche pied en avant en arrière sur un tapis de 1 cm.
- sauter 10 fois à cloche pied en avant en arrière sur un tapis de 1 cm.
- Unipodal: 2 appuis
le patient ne tient plus que par son pied droit hémiplégique et son membre supérieur hémiplégique. Il accepte ce qu'il refusait précédemment. il faut parfois plusieurs mois d'apprentissage avec des personnes qui souffrent d'héminégligence.
- le héron: tient 30'' avec deux appuis homolatéraux: bras ou main et pied.










(dos décollé)
Idem pied gauche en arrière

MODIFICATION DU POLYGONE: 9 capacités
- 20 passages du pas . Avancer poser le pied devant, reculer poser lepied derrière 20 fois à la suite.
- descendre en avant d'une marche de 17 cm et remonter en arrière 10 fois de suite sans perdre l'équilibre
- monter 10 fois sur une chaise comprise entre 35 et 45 cm sans perdre l'équilibre.
le signe est la cause de la mauvaise marche. Il ne faut pas que le patient prenne une mauvaise "habitude"
Nous ne demandons pas à une personne hémiparétique de balancer son bras, nous préférons l'entraîner en donnant une fonction à son bras dans la marche: tirer ou pousser un caddie.